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Coil build de A à Z, l'ordre de travail et les relevés à l'ohmmètre

Fiche signée Jeanne Loubet ·  · 8 min à lire

Coil build de A à Z, l'ordre de travail et les relevés à l'ohmmètre
Cliché : Matias Luge / Unsplash

Un coil build raté se voit rarement au moment où on le rate. La spire semble propre, les vis sont serrées, et le défaut n’apparaît qu’au premier appui sur le bouton, quand la box refuse l’atomiseur ou qu’un point rouge vif s’allume au milieu des spires. Bien souvent, l’erreur date de plusieurs étapes plus tôt, et rien ne permettait de la voir sans un contrôle placé au bon moment.

Le coil build en sept étapes et cinq relevés

Un coil build réussi suit toujours le même ordre, et la plupart de ses étapes se terminent par une lecture de résistance. L’ohmmètre de plateau, ou l’écran d’une box régulée qui mesure la résistance, sert de fil conducteur du début à la fin.

  1. Calculer la valeur attendue et couper le fil à la bonne longueur.
  2. Enrouler les spires sur le gabarit, jointives ou espacées.
  3. Poser le coil sur le plateau et serrer les vis, puis faire le premier relevé.
  4. Couper les pattes au ras des bornes, puis faire le deuxième relevé.
  5. Chauffer progressivement pour corriger les points chauds, puis faire le troisième relevé une fois le fil refroidi.
  6. Cotonner, puis faire le quatrième relevé.
  7. Refermer l’atomiseur et lire la valeur sur la box avant la première bouffée.

Chaque relevé du coil build se compare au précédent. Tant que la valeur reste stable et proche du calcul, on avance. Dès qu’elle saute, on s’arrête à l’étape en cours, parce que c’est là que se trouve le défaut.

Préparer l’établi avant de couper le fil

L’outillage tient dans une trousse. Il faut un gabarit à tiges calibrées, ou à défaut une tige lisse de diamètre connu, une pince coupante capable de couper au ras, une pince fine pour guider les pattes, une pince céramique isolante, un tournevis adapté aux vis du plateau et un ohmmètre.

Le fil se choisit avant de sortir la pince. Notre montage de référence utilise du kanthal A1 de 0,40 mm, et le guide des jauges et des diamètres du kanthal explique pourquoi on raisonne en millimètres plutôt qu’en numéro AWG.

Vient ensuite la longueur. Pour six spires sur une tige de 3 mm avec des pattes de 5 mm, le métreur de fil de l’accueil de l’atelier annonce 74,1 mm par coil, soit 148,2 mm pour un double coil. Coupez quelques centimètres de plus pour tenir le fil pendant l’enroulement, l’excédent partira à l’étape des pattes.

Reste à noter la valeur visée. Avec ce fil et cette géométrie, les six spires valent 0,74 Ω, le chiffre qui servira de repère à chaque relevé de ce coil build.

Spires jointives ou espacées, un choix à faire avant d’enrouler

Les deux façons d’enrouler donnent presque la même résistance, mais pas le même coil. Le choix se fait avant de toucher le gabarit, parce qu’il change la largeur du montage et la façon de le chauffer ensuite.

Les spires jointives

Chaque tour vient toucher le précédent. Le coil est compact, 2,4 mm de large pour six spires de 0,40 mm, et se loge sur les plateaux étroits. En contrepartie, la chauffe doit être menée avec soin pour que la lueur se répartisse sur toutes les spires.

Enroulez en gardant une légère tension sur le fil, pour que les tours se serrent sans chevaucher. Une spire qui monte sur sa voisine se voit à l’œil et se corrige avant la pose, jamais après.

Les spires espacées

On laisse entre chaque tour un écart proche du diamètre du fil. Le média Vaping360 note qu’un coil légèrement espacé ne présente en général pas de point chaud, ce qui simplifie la chauffe.

L’espacement ne change presque rien à la résistance. Avec un pas de 0,8 mm, chaque spire ne s’allonge que de 0,03 mm, moins de 0,3 %. Il change en revanche la largeur, qui passe à environ 4,4 mm pour six spires. Vérifiez que cette largeur tient entre les bornes de votre plateau.

Poser le coil sur le plateau sans le déformer

La pose décide de la tenue du montage. Glissez les pattes dans les bornes en laissant la tige du gabarit à l’intérieur du coil, puis serrez les vis tour à tour. La tige empêche le coil de pivoter pendant le serrage, un défaut courant à ce stade.

Centrez ensuite le coil face à l’arrivée d’air et vérifiez qu’il ne touche ni le plateau ni la base des bornes. Premier relevé à ce moment. La valeur doit être stable et se situer un peu au-dessus de 0,74 Ω, car le bout de patte compris entre le coil et chaque vis ajoute 0,0115 Ω par millimètre.

Coupez alors les pattes au ras des bornes. Un bout de fil qui dépasse finit tôt ou tard contre la cloche ou la chambre, et crée un court-circuit. Deuxième relevé juste après la coupe. Le fil coupé se trouvait au-delà des vis, hors du circuit, donc la valeur doit rester celle du premier relevé. Si elle bouge, la pince a déplacé le coil.

La chauffe progressive, pour débusquer les points chauds

La première chauffe se fait à vide, sans coton, en commençant bas. Le guide de montage de la boutique Taklope indique que 10 à 15 W suffisent en général à faire rougir un coil haut en ohms. Montez par petits paliers si rien ne s’allume, jamais d’un coup.

Donnez des impulsions courtes et regardez d’où part la lueur. Un coil sain rougit du centre vers les extrémités, de façon régulière. Une zone plus vive que le reste signale un point chaud, souvent un écart irrégulier entre deux spires ou une spire déformée. Entre deux impulsions, pincez ou peignez doucement le coil avec la pince céramique, puis recommencez.

Une fois la lueur homogène, laissez refroidir et faites le troisième relevé. Sur du kanthal, dont la résistance ne varie presque pas avec la température, la valeur doit retrouver celle d’avant la chauffe. Un écart net signale une spire qui a bougé ou une vis qui s’est desserrée.

Le dernier relevé du coil build avant de vapoter

Le coton se pose seulement quand le coil chauffe de façon régulière. En le glissant, la mèche peut pousser les spires et rapprocher le coil du plateau. D’où le quatrième relevé, fait coton en place, qui doit reproduire le troisième.

Refermez enfin l’atomiseur et vissez-le sur la box. La valeur affichée doit correspondre à celle de l’ohmmètre, à un petit écart près, et entrer dans la plage acceptée par la box et par vos accus. Si tout concorde, le montage est prêt. Sinon, on rouvre et on remonte les relevés à l’envers pour trouver l’étape fautive.

FAQ

Cinq questions que l’on se pose au premier montage, et que le déroulé ci-dessus ne traite pas.

Qu’est-ce qu’un montage en série ?

Deux coils reliés bout à bout, de sorte que le courant les traverse l’un après l’autre. Les résistances s’additionnent alors, deux coils de 0,74 Ω donnent 1,48 Ω. En parallèle, la disposition habituelle des plateaux double coil, la même paire tombe à 0,37 Ω.

Un clapton, c’est quoi ?

Un fil composé d’un cœur, un fil résistif classique, autour duquel on enroule en hélice un fil beaucoup plus fin. Il se monte comme un fil simple, mais sa résistance se calcule moins directement, d’où l’importance du relevé à l’ohmmètre.

Comment traiter l’encrassement d’un coil ?

Retirez le coton, puis chauffez le coil à vide par impulsions courtes pour brûler le dépôt, une pratique décrite par le média Vapebeat. Laissez refroidir avant de recotonner. Quand le dépôt ne part plus, refaire un coil neuf prend moins de temps que de s’acharner.

Faut-il un gabarit ou une simple tige suffit-elle ?

Une tige lisse de diamètre connu suffit pour un simple coil. Pour un double coil, le gabarit aide à obtenir deux coils identiques, ce qui compte, car deux coils différents en parallèle ne se partagent pas le courant à parts égales.

Pourquoi la box et l’ohmmètre n’affichent-ils pas la même valeur ?

La box mesure à travers son connecteur 510 et le pin de l’atomiseur, l’ohmmètre directement au plateau. Un petit écart n’a rien d’anormal. Un écart plus large désigne un pin mal serré ou un connecteur encrassé, à vérifier avant de vapoter.

Un coil build se juge à ses relevés, pas à son allure

Un beau coil peut cacher une spire qui touche, un coil tordu peut fonctionner parfaitement. Seuls les relevés tranchent, et ils ne coûtent que quelques secondes à chaque étape. Réussir son coil build, c’est surtout s’obliger à lire l’ohmmètre au bon moment et à s’arrêter dès que la valeur saute.

Le geste d’enroulement viendra avec la pratique. L’ordre de travail, lui, s’applique dès le premier montage et vaut pour tous les plateaux, du simple coil au double coil le plus chargé.

Aussi sur l’établi

Fiche éditoriale de L’Atelier Brouillard, réservée aux lecteurs majeurs. Les produits du vapotage contiennent souvent de la nicotine, une substance qui crée une dépendance. Ce texte ne constitue pas une recommandation d’achat.